lundi 5 octobre 2009

Règles d’or

Fraternité.
Egalité.
Liberté.

Dans cet ordre (et non celui de la République), car il est impossible de le mettre en œuvre autrement.

On ne peut revendiquer la liberté sans respecter équitablement les autres.
On ne peut imposer une égalité si on ne prend pas la mesure de qui est l’autre, de ses envies et besoins, qui ne sont pas nécessairement liés aux besoins matériels. La publicité nous a tellement abruti avec son matérialisme consumériste, qu’on en oublie que le bonheur est le seul maître étalon d’une vraie égalité devant la vie.

Ainsi, pour atteindre la liberté et l’égalité, faut-il d’abord fraterniser, ranger nos peurs et appréhensions de l’autre, de ces cultures qui nous sont étrangères, de notre instinct animal qui, irrésistiblement, nous fait craindre ce qui est différent de notre environnement.
Il nous faut donc d’abord accepter d’autres règles de vie, à condition que celles-ci soient, pour chacun, un libre choix, dans le respect des autres.

Or le seul moyen de fraterniser est la rencontre.
Du nécessaire brassage des cultures, de « l’intégration » ou « inclusion ».

L’effroi face à ce que nous ne connaissons pas est légitime.
Je ne suis pas différent des autres.
Il m’est arrivé, lors d’une première rencontre avec une personne ayant de lourds handicaps physiques, d’avoir un sentiment instinctif de répulsion. Prendre conscience de l’origine de cette appréhension est la clé pour la dépasser. Ne pas y arriver doit nous renvoyer à une réflexion sur notre rapport à la condition humaine.

Il arrive fréquemment que des regards se posent sur Lou dans les lieux publics, lorsqu’il fait ses nombreux gestes de réassurance ou qu’il « joue avec ses personnages » en bêlant ou éructant joyeusement. Il s’agit, une fois encore, d’un simple curiosité face à l’inconnu, mais qui peut devenir malsaine lorsque le malaise transforme ce regard en une hypnose insistante. Cela s’appelle la peur, face à laquelle, pour toute réponse, nous opposons le sourire.
Car il n’existe pas d’autres chemins pour la rencontre.
De la raison de mon travail de communication.

Long est et sera le chemin vers la fraternité, mais telle est la seule issue.

4 commentaires:

Gwendoline a dit…

Merci de nous faire part de vos Règles d'Or, j'y penserai :D

Francine a dit…

Mon regard aussi est parfois attiré par une personne ayant un handicap mais jamais par curiosité seulement pour lui offrir un regard amical, mais qui peut par lui et surtout par son entourage être mal interpreté, faut il pour celà fuire les yeux de cette personne ?
Amitiés Francine

Bèrlebus, phiLousophe a dit…

Par pitié, ne changez rien, Francine ! Les regards amicaux et bienveillants ne sont pas en cause. Je parlais ici du regard de certaines personnes rencontrées depuis 11 ans et dans lequel j'ai lu la peur et le dégoût.
La spontanéité des enfants qui peuvent rester fasciné devant une personne déficiente ou différente pendant de longues minutes est à ce propos éloquent : ils sont simplement curieux et c'est très bien ainsi.
;-)

ANDREE a dit…

Je me suis souvent demandée pourquoi les gens avaient peur d'une personne "différente"... Que peut elle leur faire???
Je l'ai constaté lorsque je m'occupé de Cyril mon petit autiste muet, oui il était parfois bizarre mais pas plus que les enfants mal élevés dont le comportement appelle un regard curieux et qui sont parfois plus dangereux... Allez comprendre....