mardi 17 mars 2020

Quand l’invisible fait peur. (à méditer)


Lou et le mouton
Le coronavirus est invisible à nos yeux.
Il n’y a rien de pire que l’invisible et l’inconnu.
De l’angoisse ambiante.
« Suis-je porteur du virus, sans le savoir ? » « Vais-je être contaminé ? »
Nous voilà tous plongé dans la réalité de Lou depuis… 21 ans.

Notre bonhomme est né avec un syndrome extrêmement rare dont la science ne connaît pas grand chose encore aujourd’hui : le syndrome de Morsier ou Dysplasie septo-optique. Il est né aveugle, sans odorat, avec une insuffisance hormonale modérée et enfin une déficience mentale (absence de la cloison qui sépare les deux hémisphères du cerveau). Conséquence : un repli sur lui-même, la peur d’un monde imperceptible à ses yeux, une difficulté absolue pour rationnaliser l’abstrait et même le concret, comprendre l’infiniment grand, l’infiniment petit, et enfin, gérer ses émotions.
Comment comprendre le soleil, la terre, les étoiles sans la vue ; appréhender l’espace (dans tous les sens du terme) ; accepter ce qui apparaît comme des agressions extérieures dénuées de sens (une piqûre, se cogner à un poteau, un bruit inconnu, une explosion, …).

Toute sa petite enfance, nous avons du nous battre amicalement pour le sortir de sa bulle dans laquelle il se réfugiait pour fuir des réalités incompréhensibles à ses yeux, s’isoler de toute forme d’agressions injustifiées ou injustifiables à son esprit.
Comment gérer des émotions sans frein, puisque c’est le rationnel qui nous permet de gérer nos émotions ?
Lou en fut dépourvu durant de longues années.
Si une blague le faisait rire, cinq heures après, il se marrait toujours autant, se la passant en boucle dans sa tête. Amusant, voire cocasse… Mais il en était de même pour la tristesse, la colère ou la peur. Une alarme, un pétard ou un mouton bêlant à son oreille ? Nous étions partis dans une lutte amicale de plusieurs heures pour le consoler, le rassurer, parfois en vain. Certaines de ces peurs (l’alarme, le mouton, …) devinrent des obsessions qui perdurèrent pendant 2, 3, 4 ans.
Face à un syndrome si rare et méconnu de tous, une grande majorité de professionnels ne comprenait pas le comportement de Lou qu’ils jugeaient comme étant des caprices, de la paresse, voire une mauvaise éducation. Nous avons du nous battre là-aussi pour leur faire comprendre la réalité de Lou, souvent en vain.
Il nous a fallu aussi réduire au maximum l’imprévisible afin de le confiner dans un monde rassurant fait d’habitudes et de rites dont nombres d’entre eux subsistent encore aujourd’hui. Nous lui avons appris à apprivoiser ses peurs, nous retrouvant par exemple littéralement dans la même situation que le pilote de Saint-Exupéry dans « Le Petit Prince » face à la peur du mouton.

Fort heureusement, la plasticité du cerveau et notre infinie patience permettent aujourd’hui à Lou de bien gérer ses émotions, même si des petits reliquats subsistent ça et là. Nous avons conquis de haute lutte sa confiance et Lou n’a plus peur du mouton,  que du contraire ! Il a ainsi apprivoisé de nombreuses peurs.

Nous voilà donc tous confrontés à la même réalité que Lou : l’invisible, l’imprévisible, l’inconnu… .
Il revient à chacun de nous de rationnaliser nos émotions, de nous entraider, nous encourager, bref, d’être solidaires.
Puisse cette étrange aventure planétaire nous faire revoir nos valeurs, nos modes de fonctionnement.
Puisse-t-il y avoir un avant et un après le coronavirus.

Ah oui, juste une dernière chose pour tout ceux qui ne connaîtraient pas Lou : l’absence de cette cloison et de rationalité expliquent son talent musical hors normes, puisque petit, il ne vivait que dans l’imaginaire, la créativité et l’émotionnel (l’hémisphère droit ne communiquant pas avec l’hémisphère gauche : la rationalité).
Il n’est pas le seul, porteur de ce syndrome, à développer un tel talent musical.
Par conséquent, si vous souhaitez faire de l’artistique, oubliez par contre votre rationnel : lâchez vous, laissez parler vos émotions. L’art n’est qu’émotions partagées.

Bon confinement à tous et haut les cœurs.

A propos de Lou :

Luc Boland


jeudi 12 décembre 2019

Cher Bart De Wever


Le dictateur et les populistes
Cher Bart de Wever,
Aan Bart de Wever (in het Vlaams hieronder),

Mais à l’attention aussi de nos élus, des hommes et des femmes détenteurs et trices des pouvoirs.

Permettez-moi.
Je devais avoir 7 ou 8 ans lorsque j’ai été profondément marqué par le film « Le Dictateur », où le personnage de Charlie Chaplin utilisait le pouvoir dont il avait hérité pour faire volte face et transmettre un message humaniste bouleversant. Depuis lors, je me suis toujours interrogé sur ce qui guidait les hommes de pouvoir.
Et votre cas m’intéresse particulièrement. Je tente de vous « lire » au travers de la presse et des médias depuis votre apparition en politique. J’ai hélas compris que vous étiez de ceux qui avaient choisi d’utiliser leur intelligence brillante au service de l’ambition ultime d’entrer en lettres grasses dans les livres d’histoires. Quel meilleur moyen pour ce faire que d’être le père fondateur d’un état indépendant flamand. Votre grande connaissance de l’histoire, en vos qualités d’historien, vous a permis de comprendre que l’on ne retient durablement que les monstres, les mentors et les génies. Il ne fut donc pas difficile pour vous de décoder tous les ressorts nécessaires, compte tenu du contexte de la Belgique, pour construire patiemment une stratégie, vous mettre à la bonne place, saisir les ressorts populistes, pour tenir un discours où vous connaissez pertinemment les moindres cibles de vos flèches, de même que leurs conséquences, et enfin les limites à ne pas (encore) franchir.  Votre ligne directrice est remarquable, malgré parfois des petites erreurs d’aiguillages ou des barrages plus résistants que vous ne l’imaginiez.
A ce titre, votre stratégie depuis votre sortie du gouvernement en 2018 est tout simplement parfaite. Le « laisser pourrir ». Bravo, remarquable. On peut dire que vous avancez, vous êtes d’ailleurs déjà depuis longtemps dans les dictionnaires et votre occurrence inonde internet.
Maintenant, je voudrais juste vous partager ma réflexion : je crains que cela ne suffise pas pour rester dans l’histoire universelle d’ici 100 ans. Ce ne seront que deux ou trois lignes par-ci, par là. Or je vous sais ambitieux. Cela ne peut vous satisfaire. Mais vous aurez toujours un handicap : celui d’être né en Belgique et y rester en politique, à moins que vous n’ayez des idées impérialistes. Votre ami Charles Michel, quant à lui, a choisi une autre voie, même s’il n’est pas sûr que sa carrière européenne fasse elle-aussi date dans l’histoire de l’humanité. J’en reviens à ma question : n’auriez-vous pas envie de faire volte face, comme Charlie Chaplin ?
Cela fait 50 ans, depuis ma première vision du « Dictateur » que je rêve de voir un homme de Pouvoir faire cette volte-face, prenant tout le monde de court et provoquant ainsi un séisme planétaire. Veuillez excuser ma naïveté, mais cette pensée m’habite depuis toujours et je ne peux m’en défaire.
Comme tout être humain, vous avez une âme qui vous habite depuis votre petite enfance, mais peut-être ne voulez-vous plus l’entendre.
Nous avons tous cette petite voix. La même. Celle qui ne comprend pas la violence et la souffrance. Celle de la condition humaine qui en appelle à la bonté, la bienveillance et la solidarité. Celle qui constate que nous ne naissons pas égaux, car nul ne choisit le handicap : qu’il soit social, affectif, physique ou mental. Chaque être humain rencontre à des degrés divers des handicaps et des blessures de la vie. La vie est injuste et c’est à l’être humain de lui substituer l’équité et le partage. C’est ce qu’on appelle la beauté de l’âme.
Juste une dernière chose encore. Il y a un point que ma petite âme ne comprend toujours pas : combien de temps allons-nous encore nous taper sur la gueule au nom des torts commis par nos aïeuls et ancêtres ? Votre point de vue d’historien m’intéresse beaucoup à ce propos. Je doute que la puissance intellectuelle humaine ne vienne pas un jour à bout de cette rhétorique qui perpétue l’histoire : celle de la vengeance et non celle du pardon.
Alors regardez-vous dans la glace et laissez parler votre âme, puis regardez les autres et adressez-vous à eux, observez les âmes qui vont pétiller dans les yeux de ceux qui vous écouteront et goûtez au bonheur que procure la bonté.
Cela donnera plein de bonnes raisons d’être un jour dans l’histoire. Vous serez de ceux qui auront usé de leur pouvoir pour rendre le monde meilleur.
Et votre âme sera en paix.
Bien à vous.
Luc Boland


in het Vlaams :

Aan Bart de Wever,
Maar ook aan onze gekozen vertegenwoordigers, de mannen en vrouwen die de macht hebben.
Sta me toe.
Ik moet een jaar of 7 à 8 oud zijn geweest, toen ik diep geraakt werd door de film "The Dictator", waarin Charlie Chaplin's personage de kracht gebruikte die hij had geërfd,
om zich om te keren, en een ontroerende humanistische boodschap over te brengen.
Sindsdien heb ik me altijd afgevraagd wat machtspersonen leidde.
En uw geval interesseert mij zeer. Sinds uw verschijning op het politieke toneel probeerde ik u te "doorzien" via mededelingen in de pers en de media. Helaas begreep ik dat u een van degenen was die ervoor had gekozen om hun briljante intelligentie te gebruiken in dienst van de ultieme ambitie: in vette letters in de geschiedenisboeken opgenomen te worden. Geen betere manier om dit te doen dan door de voorvader en stichter van een Vlaamse onafhankelijke staat te zijn. Uw grote kennis van de geschiedenis, als historicus, heeft u in staat gesteld om te begrijpen dat alleen monsters, mentoren en genieën op de lange termijn worden behouden. Het was voor u dan ook niet moeilijk om, rekening houdend met de Belgische context, alle noodzakelijke factoren te ontcijferen om geduldig een strategie uit te werken, uzelf op de juiste plaats te zetten, de populistische factoren te begrijpen een toespraak te houden waarbij u de geringste doelstellingen van uw pijlen kent - evenals de gevolgen ervan, en ten slotte de grenzen die (nog) niet mogen worden overschreden. Uw richtlijn is opmerkelijk, ondanks soms kleine schakelfouten of dammen die beter stand houden dan u dacht.
Uw strategie sinds u in 2018 de regering verliet, is dus gewoonweg perfect. "Laat het verrotten". Goed gedaan, opmerkelijk. We kunnen zeggen dat u vooruitgang boekt, dat u al lange tijd in de woordenboeken staat en dat uw optredens het internet overspoelen.
Nu zou ik u gewoon een punt willen stellen; Ik vrees dat dit niet genoeg zal zijn om over 100 jaar nog in de universele geschiedenis genoteerd te staan. Het zijn maar een paar regels hier en daar.
En ik weet dat u ambitieus bent. Dit kan u niet bevredigen. Maar U zult altijd een handicap hebben: dat u in België geboren bent en in de politiek blijft, tenzij u imperialistische ideeën hebt.
Uw vriend Charles Michel van zijn kant, heeft een andere weg gekozen, ook al is het niet zeker dat zijn Europese carrière ook een datum in de geschiedenis van de mensheid zal zijn.
Dus ik kom terug op mijn vraag: wilt u zich niet omdraaien, zoals Charlie Chaplin?
Reeds 50 jaar, sinds ik voor het eerst "The Dictator" zag, droom ik ervan een machtspersoon deze ommekeer te zien doen, iedereen verrast en een wereldwijde aardbeving veroorzaakt. Mijn excuses voor mijn naïviteit, maar deze gedachte leeft al jàren in mij, en ik kan er mij niet van ontdoen.
Zoals elke mens hebt u een ziel die u al sinds uw vroege kindertijd bewoont, maar die u misschien niet meer wilt horen.
We hebben allen deze kleine stem. Dezelfde. Diegene die geweld en lijden niet begrijpt.
Die van de menselijke conditie, die vriendelijkheid, welwillendheid en solidariteit oproept.
Deze die zich realiseert dat we niet gelijk geboren worden, omdat niemand kiest voor een handicap: of deze nu sociaal, emotioneel, fysiek of mentaal is. Ieder mens heeft in verschillende mate te maken met de handicaps en verwondingen van het leven. Het leven is oneerlijk en het is aan het menselijk wezen om hieraan billijkheid en delen toe te voegen. Dit wordt de schoonheid van de ziel genoemd.
Nog een laatste iets. Er is één punt dat mijn kleine ziel nog steeds niet begrijpt: hoe lang gaan we mekaar nog de kop inslaan, in naam van de fouten die onze voorouders maakten?
Uw standpunt als historicus over dit onderwerp, interesseert mij ten zeerste.
Ik betwijfel of de menselijke intellectuele kracht ooit in staat zal zijn om deze retoriek,
die de geschiedenis in stand houdt, te overwinnen: die van de wraak en niet die van de vergeving.

Bekijk u dan in de spiegel en laat uw ziel spreken, kijk dan naar anderen en spreek tot hen,
observeer de zielen die zullen schitteren in de ogen van hen die naar je zullen luisteren
en het geluk zullen proeven dat het goede brengt.
Dit zal tal van goede redenen geven om een dag in de geschiedenis te staan.
U zult behoren tot degenen die hun macht hebben gebruikt om de wereld een betere plaats te maken. En uw ziel zal in vrede zijn.
Met vriendelijke groeten.
Luc Boland






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samedi 11 août 2018

20 ans...


Naissance de Lou

Lou
12 août 1998 – 12 août 2018
20 ans…
Cela fait donc 20 ans, qu’un bout d’homme se bat contre lui-même, contre son esprit vagabond, ses peurs, ses désavantages, ses handicaps.
Cela fait 20 ans aussi, qu’il partage sa sensibilité, sa joie et son humour, sa tendresse, sa gentillesse, sa générosité, son sens inné des sons et son talent musical.
Qu’écrire de plus, que dire ou filmer qui ne fut déjà dit ou montré ici ou ailleurs sur le web.
Cette belle aventure se résume en un seul mot,: « Elever ».
Un projet de vie.  Un mot joyeux et festif, qui au-delà de ses sœurs, prit un sens aigu avec lui.
Un mot qui résume ces 20 années et qui porte l’espoir du futur quand nous nous retournons pour voir d’où nous venons.
Seuls les très proches ont pleinement conscience de ce chemin parcouru.

Il fut un temps pas si lointain où des professionnels du secteur éducatif ou médical nous signifiaient par leurs mots ou leurs actes que Lou serait un adulte sans avenir professionnel, sans autonomie. Un handicapé dont le destin tout tracé s’appelait Centre de Jour ou Centre d’hébergement.

En dehors de sa musique, Lou est porteur de nombreux handicaps que nous parvenons à circonscrire mais qui lui donne une autonomie très limitée. Nous avons pleinement conscience que des limites seront un jour atteintes et que jamais il ne sera totalement autonome. Mais le chemin est toujours devant nous, avec ses progrès, jours après jours.

Une seule chose importe au-delà de toutes ses déficiences et incapacités : Lou est un artiste, un véritable artiste, dans son talent et sa sincérité qui vont droits au coeur des personnes qui acceptent de se laisser pénétrer de sa douce humanité.
A nous de lui faire une place dans la société.

Merci à vous tous qui nous suivez depuis tant et tant d’année (2003 !) sur le web.
Merci à tous ces proches : famille, amis et bénévoles qui nous soutiennent dans cette folle aventure.

Une pensée m’habite pour tous ces parents d’enfants différents à qui j’ai envie de dire : ne renoncez jamais. Votre enfant n’est certes pas Lou (nous mesurons l’immense chance liée à son talent musical), mais votre enfant est votre enfant. L’essentiel reste l’épanouissement et son bien être.  Tout le reste n’est que comparaisons et jugements d’une société où tout doit être classé, jugé, mesuré.
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samedi 12 mai 2018

Les mots à Maurane

Nous avons appris le décès de Maurane à Lou, mardi midi. 
Hébétude et légère tristesse de sa part.

Le soir, nous avons regardé le JT ensemble et beaucoup discuté. 
A table, il commencé à dire : "J'ai eu la chance de la recontrer, mais c'est triste". puis, il a dit : "J'ai envie d'aller déposer des fleurs sur sa tombe." Et enfin : "Je vais composer une chanson pour elle". 
Dès la fin du repas, il est parti à son piano. Une douce mélodie toute Mauranesque, des paroles simples et surtout des "Ouabadou" à la façon de... 
Nous l'avons laissé en paix dans sa catharsis.

Le lendemain, il s'est mis à affiner la chanson, la jouer encore et encore, à se battre avec les mots et les rimes.
Il m’a demandé de l’aide pour les paroles et c’est ainsi qu’à deux, nous l’avons finalisée et qu’il m’a demandé de la partager.

La suite ne nous appartient plus. La vidéo s'est envolée sur les réseaux sociaux.




Lou et Maurane, ce fut deux rencontres. : en 2008 sous les caméras de la RTBF (CAP48), Lou avait 10 ans, ... et dimanche dernier, 6 mai 2018, lors de l’hommage à Brel à la place des Palais, où tous deux chantaient une chanson du grand Jacques.



#Maurane. #RIPMaurane #LouB.

mardi 10 avril 2018

La belle histoire (« we are the world – belgian red devils)

(contexte)

Lou B. alias Lou Boland
Lou est un jeune homme de 19 ans porteur du syndrome de Morsier. Il est né aveugle, sans odorat et avec une légère déficience mentale. Il ne connait pas le rationnel et vit essentiellement dans l’affectif et le créatif. C’est un jeune homme joyeux et heureux.
Lou chante et joue du piano en autodidacte depuis l’âge de 6 ans. Il a des capacités et une mémoire musicales hors du commun et a l’oreille absolue. Il peut transposer instantanément n’importe quelle mélodie au piano, exhumer de sa mémoire une musique entendue une fois et la rejouer des années plus tard sans hésitation. Il connaît et reconnaît des milliers de chansons dès les premières notes.
Depuis l’âge de 8 ans, Lou joue en public et sur les plateaux de télévision (CAP48, Télédon, …), et a réalisé des rencontres musicales avec de nombreux artistes tels Toots Thielemans, Patrick Watson, Mauranne, Cali, Saule, Christophe Maé,…
Fin 2012, il interprète au chant et au piano la chanson « Lou, je m’appelle Lou » qui, depuis, fait tour du monde sur Youtube.
Il a remporté l’été dernier le concours Proximus et ravi à cette occasion plusieurs milliers de spectateurs aux Francofolies de Spa. En 2017, il a également atteint les demis-finales de « La France a Un IncroyableTalent ». En 2018, il est sélectionné pour le catalogue des « Jeunesses musicales » et enchaine pas moins de 12 concerts d’ici fin juin.
(La belle histoire)

Dimanche 1-4-2018, Je fais un poisson d’avril surFacebook en annonçant que Lou B. (jeune musicien hors normes) a été choisi pour faire l’hymne des diables rouges de la coupe du monde de foot. Très nombreux sont les gens qui tombent dans le panneau et se réjouissent.
Lundi 2 avril, la blague est désamorcée à la grande déception de nombreuses personnes. Lou apprend ce que j'ai fait et réagit tout de go : « Mais on va la faire, cette chanson ! ».
Mardi 3, jeme mets mets à l’écriture des paroles.
Mercredi 4, « home studio »: En 2 minutes (!), à l’écoute du texte, Lou propose le refrain, la rythmique et les arrangements. En 15 minutes et une seule « prise » par instrument (!!!), la batterie, le synthé et la trompette sont enregistrés. Pour le chant et surtout les couplets, l’enregistrement durera par contre une matinée... anglais oblige.
Jeudi 5, je me démène comme je peux pour faire un mixage acceptable avec les moyens du bord.
Vendredi 6 et Samedi 7, tournage basique des images pour la vidéo et montage du clip.
Dimanche 17h : mise en ligne sur Facebook et You Tube.
Lundi 17h : 24.000 vues et mille partages.
Mardi (à l'heure d'écrire ces lignes) : près de 35.000 vues et 1.500 partages. La sauce prend et la boule de neige grossit !



La suite de l’histoire ne nous appartient plus et quoi qu’il advienne, on se sera bien amusé pendant une semaine !
Mais il est permis aussi de rêver : la chanson fait un buzz sur les réseaux sociaux, I-Tunes, Deezer etc. (elle y sera disponible dès le 10-4), la presse s’empare de cette belle histoire, la Fédération retient la chanson, on réenregistre le titre en studio avec des chœurs et des moyens techniques de qualité, on fait un clip avec les diables rouges et enfin, les stades résonnent du refrain repris en cœur : « nos différences » en sortent gagnantes…
Si vous souhaitez nous soutenir dans cette folle aventure en partageant au maximum cette vidéo, si vous avez des contacts à droite à gauche…
Merci ! ;-)
We are the world - Belgian red devils - Lou B.

vendredi 9 mars 2018

Les questions qui tuent

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Sous-titre 1 : Mais qui est Lou B. ?
Sous-titre 2 : Le Lou des chants et le Lou à apprivoiser… mais pas trop
 
Lou Boland (alias Lou B.)
Première question (préambule) : 
M’est-t-il encore possible de vivre dans le faux semblant ?

Quand en permanence à nos côtés, se tient un livre ouvert…
D’une sincérité absolue, parfois maladroite (Ah les pieds dans le plat réguliers !).
D’une gentillesse absolue (L’innocence est une vertu dans la rencontre de l’autre. Gage d’ouverture, d’absence d’à priori).
D’une tendresse incommensurable (Troublante pour les personnes qui le rencontrent pour la première fois).
D’une générosité aux saveurs gentiment égocentrées …et non égocentriques (Il ne maîtrise que son monde).
D’un talent musical hors-normes, particulier, unique.
D’une créativité débridée, libre de tout carcan, règles ou modes.
D’un sens réel de l’esprit et de l’humour (c’est lui qui a imaginé les jeux de mots en «al»et «aux»).
D’une simplicité et spontanéité où les mots « trac », « vedettariat », « grosse tête » ou le « qu’en dira-t-on » n’existent pas et n’existeront probablement jamais...

La réponse à cette première question est définitivement : non.
Lou déteint.
Bien que je reconnaisse ces gènes en moi.
Et puis, Lou a besoin de vérité, de sincérité.
Cela fait plus de 12 ans (et le documentaire « Lettre àLou ») qu’il m’est devenu impossible de vivre dans le faux semblant, dans l’intime comme dans la vie publique. Même si j’ai conscience que cela me joue bien des tours, en ce que cela ne facilite pas la vie « professionnelle » et « médiatique » avec leurs modes, règles et protocoles, us et coutumes, déférences et ronds de jambe, langues de bois et hypocrisies, calculs et plans.
Mais je et nous sommes heureux ainsi.

De la seconde question qui en découle :

Comment ne pas abîmer la beauté précieuse de l’âme de Lou par le nécessaire ancrage dans la réalité de ce monde ?

Pour qu’il puisse vivre avec un minimum d’autonomie.
Pour qu’il ne soit pas broyé, exclu, rejeté, abandonné…
Je me pose sans cesse cette question sans en avoir la réponse.
Les contradictions se bousculent dans ma tête.
Son talent artistique se nourrit de ce qu’il est, de cette structure physiologiquement différente de son cerveau. Car son talent ne se limite pas à la musique mais aussi aux imitations des voix, des sons de la vie, machines ou animaux.
Son talent, c’est tout autant son humanité : la sincérité et sa gentillesse désarmante.
Il détient une des clés du bonheur. Car oui, il rend de très nombreuses personnes heureuses d’être en contact avec un être vrai. De plus, dans son insouciance, Lou est globalement heureux et nous y veillons.

Des centaines de milliers de personnes (pour ne pas dire quelques millions) ont croisé  le « Lou des chants » par la presse, la télévision, internet ou lors de concerts.
La majorité de ceux qui ne le connaissent que par ces biais « consomment » sans se « questionner » ou par absence de curiosité. Ils ignorent complètement l’autre côté du miroir : le Lou à apprivoiser.
Non pas qu’il soit l’enfant sauvage ou le loup prédateur de notre imaginaire collectif, mais nous venons de loin, très loin.
En cause, le peu de rationalité de Lou.
Qui nourrit des peurs… irrationnelles.
Qui n’induit pas la logique de l’apprentissage.
Qui l’emmène dans une absence de perspectives, de visions d’un futur.
Nos intérêts guident notre rationalité : nous comprenons l’importance d’apprendre telles ou telles choses car elles seront utiles à nos desseins.
A l’opposé, l’utilité d’apprendre effleure difficilement l’esprit de Lou, … en dehors (et inversement) de la musique. Ce qui en fait toute sa singularité.
Et puis à cela se rajoute la cécité, ce sens essentiel qui nous permet en un clin d’œil de comprendre, observer, reconnaître, décrire ou appréhender. Il suffit de voir les facultés d’acquisition d’un bébé par l’observation. Pour qui est aveugle de naissance, toute chose doit s’apprendre par le toucher, l’ouïe, le gout ou l’odorat (dont Lou est exempt). Chaque notion ou chaque raison d’être d’un objet nécessitent des facultés de conceptualisation voire d’abstraction face à l’imperceptible : l’infiniment grand et l’infiniment petit.
Lou se fout de savoir que la terre est ronde. Lou se fout des races, des différences, des performances, de l’abstraction, du calcul, de l’argent, du luxe, du paraître, de son image, …
Ainsi est le monde du Lou à apprivoiser. Un monde insouciant, spontané, rempli d’imaginaires. Mais aussi craintif, paresseux et surtout donc, irrationnel.

Nous sommes cependant contraints de faire le maximum pour l’amener à une certaine conscience des enjeux de la vie. Nous le poussons, tirons, recadrons. Dix fois, vingt fois, cent fois parfois sur un même sujet. Nous dialoguons, le raisonnons, lui apprenons ce que ses yeux et son esprit ne parviennent pas à comprendre. Nous savons, au moment même où nous prononçons des raisonnements simples, qu’il nous faudra les répéter et répéter encore au gré d’un conflit amical mais ferme, où sa réflexion fera défaut. Avec un fol entêtement. Résolus à ne pas perdre les acquis lors des rechutes ou lorsque fatigués, nous baissons la garde.
Mais en regard à bien des parents d’enfants autistes ou malades, nous ne sommes pas à plaindre.

Peu de personnes, mises à part nos proches et ses sœurs à qui il a un peu volé leurs parents, ont conscience de ce tel contraste dans la personnalité de Lou et de l’énergie qu’il demande pour l’aider à grandir.

Mais les résultats sont là et la « kiffschool » (l’école à la maison) mise en place depuis septembre 2017 porte ses fruits. Lou progresse à son rythme, mais il progresse.
Il se peut qu’arrive un jour où des limites seront atteintes dans ses capacités.
Mais jamais ne doit arriver le jour où son ancrage dans la vie réelle en viendrait à tuer ses capacités artistiques et ses valeurs humaines.
Lou est un bien nécessaire à notre humanité en perte de valeurs et de sens.
Mais où se trouve cet équilibre fragile ?
De la question précédente.

Juste une dernière question dont je connais hélas la réponse et contre laquelle je me battrai jusqu’au bout :
Mais quelle place y a t’il en ce monde pour un artiste, un être comme lui, qui ne pourra jamais être totalement autonome, ni dans les normes ?


NDLA : cela fait longtemps que je voulais écrire cet article à l’attention de tous ceux qui ne connaissent que cet artiste qui mérite sa place, au delà de ses différences.

jeudi 8 février 2018

La première « Lettre à Lou » (flashback)

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Voyage dans le temps. Au hasard des liens qui se font. Ma première "Lettre à Lou" publiée en 2003.

Au départ, dans ce cas, un portrait de Lou B., réalisé par Serge Dehaes pour illustrer une carte blanche de mon cru que La Libre Belgique a décidé de publier en novembre 2017. 
Ensuite le fait que l’auteur nous ait aimablement envoyé une copie.
Le fait enfin de l’avoir encadré et jointe à la petite galerie de portraits dans notre cage d'escalier.

La suite devient naturelle : de nombreuses personnes font l’analogie entre le portrait de Lou et « Le Petit Prince ». Une évidente volonté de l’auteur. Une juste approche de Lou. Je l'avais moi-même faite au tout début de ma communication à son propos, tant était cette évidence de deux mondes qui essayent de se comprendre, d’un déni de la réalité et enfin d’une évidente ressemblance physique.
Certes, de nombreux parents font aussi cette analogie avec leur enfant porteur de handicap, mais je la trouve particulièrement justifiée vis à vis de Lou.

Voilà donc l'analogie avec la première« Lettre à Lou » que j’ai écrit en 2003 et qui ouvre le deuxième blog qui répond au premier (« Le journal de Lou ») ouvert à la même époque.
J'y faisais le même rapprochement, mais avec des mots.

Voici ce que j’y écrivais :

Mon petit prince,
Le jour où tu es arrivé, je n'étais pas perdu dans un désert.
Je n'étais pas seul non plus.

Il y avait tout d'abord mon Soleil, ma Reine.
Il y avait aussi deux merveilleuses Princesses, qui, à leur manière, étaient déjà des étoiles brillantes dans mon ciel.

J'étais donc loin d'être à mille lieues de toute région habitée.
Je n'essayais pas non plus de réparer un avion en panne, et je ne manquais, ni de nourriture, ni d'eau pour vivre.

J'étais néanmoins très occupé.
Préoccupé par la programmation de la fusée qui ferait de moi un astronaute, une star.
J'étais perdu dans mes notes, mes croquis, mes plans.

Je pensais connaître le ciel,
Je pensais connaître les gens,
Et voila que tu es venu tout bousculer.

Et pourtant...
Et pourtant, j'aurais du être préparé à toutes ces questions.
Je me les étais déjà posées maintes fois.
Les réponses étaient bien consignées dans l'armoire aux certitudes pour les uns, sur l'étagère de mon laboratoire pour les autres.
Mais avec toi, pas question de cela.
Si tu me demandes de dessiner un mouton, il doit être conforme à tes souhaits, à l'image que tu t'en fais, loin de tes peurs légitimes.
Et si tel n'est pas le cas, il faut te rassurer, le mettre dans une boîte pour qu'il ne dévore pas ton jardin sauvage.

J'ai déjà lu cela quelque part...

A la différence, de taille, que ton astéroïde est bien différent du sien.

Lorsque s'est formée ta planète, quelque chose en toi a décidé qu'elle serait peuplée de baobabs, et de mille autres plantes naturelles et sauvages.
Tant et si bien, que tu ne vois plus le jour et la nuit.
Au fin fond de ta forêt luxuriante, tu ne connais pas les nuances de la lumière. Tu ne connais tout simplement pas le soleil.
Tu ne vois pas, et ne verras jamais.

Mais tu entends la vie sauvage et plurielle des sous-bois, de l'appel au loin d'un grand mammifère, au battement d'aile du plus infime insecte.

Tu sens la richesse de l'humus.
Tu perçois la terre qui tremble sous tes pas, l'air qui vibre et se déplace.
Tu goûtes aux saveurs sans t'embarrasser de l'apparence.
C'est ta façon à toi d'appréhender la vie : par l'intérieur.
Ton intérieur.
Aux autres de venir chez toi pour te convaincre de quitter ton petit univers.

Telle est ta planète.
Et il me faut me mettre à ta place.
Repartir à zéro, en oubliant tout ce que ma vue m'a appris.
Ce n'est plus toi qui atterris sur ma planète, notre planète, mais moi et nous qui devons venir sur la tienne pour t'apprivoiser.
Mais pour cela, il faut abandonner tous les préjugés : ta forêt n'est pas une jungle.
Elle peut paraître sauvage, désordonnée, mais elle est la quintessence naturelle.

En entrant dans ton univers, je redécouvre mes sens.
Les clichés n'ont plus cours avec toi.
C'est du brut, du naturel, sans décoration ni aménagement.

C'est l'aventure.

Que dire, quatorze ans plus tard. 
Ce fut et cela reste une aventure de fou.
J’étais à mille lieues d’imaginer ce talent musical qui allait contribuer à le sortir de son astéroïde, même si aujourd’hui encore, les deux mondes cohabitent et que Lou allonge sans cesse sa présence dans le notre.

Bèrlebus (du sobriquet que tu m'as donné à cette époque) alias Luc Boland