samedi 12 mai 2018

Les mots à Maurane

Nous avons appris le décès de Maurane à Lou, mardi midi. 
Hébétude et légère tristesse de sa part.

Le soir, nous avons regardé le JT ensemble et beaucoup discuté. 
A table, il commencé à dire : "J'ai eu la chance de la recontrer, mais c'est triste". puis, il a dit : "J'ai envie d'aller déposer des fleurs sur sa tombe." Et enfin : "Je vais composer une chanson pour elle". 
Dès la fin du repas, il est parti à son piano. Une douce mélodie toute Mauranesque, des paroles simples et surtout des "Ouabadou" à la façon de... 
Nous l'avons laissé en paix dans sa catharsis.

Le lendemain, il s'est mis à affiner la chanson, la jouer encore et encore, à se battre avec les mots et les rimes.
Il m’a demandé de l’aide pour les paroles et c’est ainsi qu’à deux, nous l’avons finalisée et qu’il m’a demandé de la partager.

La suite ne nous appartient plus. La vidéo s'est envolée sur les réseaux sociaux.




Lou et Maurane, ce fut deux rencontres. : en 2008 sous les caméras de la RTBF (CAP48), Lou avait 10 ans, ... et dimanche dernier, 6 mai 2018, lors de l’hommage à Brel à la place des Palais, où tous deux chantaient une chanson du grand Jacques.



#Maurane. #RIPMaurane #LouB.

mardi 10 avril 2018

La belle histoire (« we are the world – belgian red devils)

(contexte)

Lou B. alias Lou Boland
Lou est un jeune homme de 19 ans porteur du syndrome de Morsier. Il est né aveugle, sans odorat et avec une légère déficience mentale. Il ne connait pas le rationnel et vit essentiellement dans l’affectif et le créatif. C’est un jeune homme joyeux et heureux.
Lou chante et joue du piano en autodidacte depuis l’âge de 6 ans. Il a des capacités et une mémoire musicales hors du commun et a l’oreille absolue. Il peut transposer instantanément n’importe quelle mélodie au piano, exhumer de sa mémoire une musique entendue une fois et la rejouer des années plus tard sans hésitation. Il connaît et reconnaît des milliers de chansons dès les premières notes.
Depuis l’âge de 8 ans, Lou joue en public et sur les plateaux de télévision (CAP48, Télédon, …), et a réalisé des rencontres musicales avec de nombreux artistes tels Toots Thielemans, Patrick Watson, Mauranne, Cali, Saule, Christophe Maé,…
Fin 2012, il interprète au chant et au piano la chanson « Lou, je m’appelle Lou » qui, depuis, fait tour du monde sur Youtube.
Il a remporté l’été dernier le concours Proximus et ravi à cette occasion plusieurs milliers de spectateurs aux Francofolies de Spa. En 2017, il a également atteint les demis-finales de « La France a Un IncroyableTalent ». En 2018, il est sélectionné pour le catalogue des « Jeunesses musicales » et enchaine pas moins de 12 concerts d’ici fin juin.
(La belle histoire)

Dimanche 1-4-2018, Je fais un poisson d’avril surFacebook en annonçant que Lou B. (jeune musicien hors normes) a été choisi pour faire l’hymne des diables rouges de la coupe du monde de foot. Très nombreux sont les gens qui tombent dans le panneau et se réjouissent.
Lundi 2 avril, la blague est désamorcée à la grande déception de nombreuses personnes. Lou apprend ce que j'ai fait et réagit tout de go : « Mais on va la faire, cette chanson ! ».
Mardi 3, jeme mets mets à l’écriture des paroles.
Mercredi 4, « home studio »: En 2 minutes (!), à l’écoute du texte, Lou propose le refrain, la rythmique et les arrangements. En 15 minutes et une seule « prise » par instrument (!!!), la batterie, le synthé et la trompette sont enregistrés. Pour le chant et surtout les couplets, l’enregistrement durera par contre une matinée... anglais oblige.
Jeudi 5, je me démène comme je peux pour faire un mixage acceptable avec les moyens du bord.
Vendredi 6 et Samedi 7, tournage basique des images pour la vidéo et montage du clip.
Dimanche 17h : mise en ligne sur Facebook et You Tube.
Lundi 17h : 24.000 vues et mille partages.
Mardi (à l'heure d'écrire ces lignes) : près de 35.000 vues et 1.500 partages. La sauce prend et la boule de neige grossit !



La suite de l’histoire ne nous appartient plus et quoi qu’il advienne, on se sera bien amusé pendant une semaine !
Mais il est permis aussi de rêver : la chanson fait un buzz sur les réseaux sociaux, I-Tunes, Deezer etc. (elle y sera disponible dès le 10-4), la presse s’empare de cette belle histoire, la Fédération retient la chanson, on réenregistre le titre en studio avec des chœurs et des moyens techniques de qualité, on fait un clip avec les diables rouges et enfin, les stades résonnent du refrain repris en cœur : « nos différences » en sortent gagnantes…
Si vous souhaitez nous soutenir dans cette folle aventure en partageant au maximum cette vidéo, si vous avez des contacts à droite à gauche…
Merci ! ;-)
We are the world - Belgian red devils - Lou B.

vendredi 9 mars 2018

Les questions qui tuent

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Sous-titre 1 : Mais qui est Lou B. ?
Sous-titre 2 : Le Lou des chants et le Lou à apprivoiser… mais pas trop
 
Lou Boland (alias Lou B.)
Première question (préambule) : 
M’est-t-il encore possible de vivre dans le faux semblant ?

Quand en permanence à nos côtés, se tient un livre ouvert…
D’une sincérité absolue, parfois maladroite (Ah les pieds dans le plat réguliers !).
D’une gentillesse absolue (L’innocence est une vertu dans la rencontre de l’autre. Gage d’ouverture, d’absence d’à priori).
D’une tendresse incommensurable (Troublante pour les personnes qui le rencontrent pour la première fois).
D’une générosité aux saveurs gentiment égocentrées …et non égocentriques (Il ne maîtrise que son monde).
D’un talent musical hors-normes, particulier, unique.
D’une créativité débridée, libre de tout carcan, règles ou modes.
D’un sens réel de l’esprit et de l’humour (c’est lui qui a imaginé les jeux de mots en «al»et «aux»).
D’une simplicité et spontanéité où les mots « trac », « vedettariat », « grosse tête » ou le « qu’en dira-t-on » n’existent pas et n’existeront probablement jamais...

La réponse à cette première question est définitivement : non.
Lou déteint.
Bien que je reconnaisse ces gènes en moi.
Et puis, Lou a besoin de vérité, de sincérité.
Cela fait plus de 12 ans (et le documentaire « Lettre àLou ») qu’il m’est devenu impossible de vivre dans le faux semblant, dans l’intime comme dans la vie publique. Même si j’ai conscience que cela me joue bien des tours, en ce que cela ne facilite pas la vie « professionnelle » et « médiatique » avec leurs modes, règles et protocoles, us et coutumes, déférences et ronds de jambe, langues de bois et hypocrisies, calculs et plans.
Mais je et nous sommes heureux ainsi.

De la seconde question qui en découle :

Comment ne pas abîmer la beauté précieuse de l’âme de Lou par le nécessaire ancrage dans la réalité de ce monde ?

Pour qu’il puisse vivre avec un minimum d’autonomie.
Pour qu’il ne soit pas broyé, exclu, rejeté, abandonné…
Je me pose sans cesse cette question sans en avoir la réponse.
Les contradictions se bousculent dans ma tête.
Son talent artistique se nourrit de ce qu’il est, de cette structure physiologiquement différente de son cerveau. Car son talent ne se limite pas à la musique mais aussi aux imitations des voix, des sons de la vie, machines ou animaux.
Son talent, c’est tout autant son humanité : la sincérité et sa gentillesse désarmante.
Il détient une des clés du bonheur. Car oui, il rend de très nombreuses personnes heureuses d’être en contact avec un être vrai. De plus, dans son insouciance, Lou est globalement heureux et nous y veillons.

Des centaines de milliers de personnes (pour ne pas dire quelques millions) ont croisé  le « Lou des chants » par la presse, la télévision, internet ou lors de concerts.
La majorité de ceux qui ne le connaissent que par ces biais « consomment » sans se « questionner » ou par absence de curiosité. Ils ignorent complètement l’autre côté du miroir : le Lou à apprivoiser.
Non pas qu’il soit l’enfant sauvage ou le loup prédateur de notre imaginaire collectif, mais nous venons de loin, très loin.
En cause, le peu de rationalité de Lou.
Qui nourrit des peurs… irrationnelles.
Qui n’induit pas la logique de l’apprentissage.
Qui l’emmène dans une absence de perspectives, de visions d’un futur.
Nos intérêts guident notre rationalité : nous comprenons l’importance d’apprendre telles ou telles choses car elles seront utiles à nos desseins.
A l’opposé, l’utilité d’apprendre effleure difficilement l’esprit de Lou, … en dehors (et inversement) de la musique. Ce qui en fait toute sa singularité.
Et puis à cela se rajoute la cécité, ce sens essentiel qui nous permet en un clin d’œil de comprendre, observer, reconnaître, décrire ou appréhender. Il suffit de voir les facultés d’acquisition d’un bébé par l’observation. Pour qui est aveugle de naissance, toute chose doit s’apprendre par le toucher, l’ouïe, le gout ou l’odorat (dont Lou est exempt). Chaque notion ou chaque raison d’être d’un objet nécessitent des facultés de conceptualisation voire d’abstraction face à l’imperceptible : l’infiniment grand et l’infiniment petit.
Lou se fout de savoir que la terre est ronde. Lou se fout des races, des différences, des performances, de l’abstraction, du calcul, de l’argent, du luxe, du paraître, de son image, …
Ainsi est le monde du Lou à apprivoiser. Un monde insouciant, spontané, rempli d’imaginaires. Mais aussi craintif, paresseux et surtout donc, irrationnel.

Nous sommes cependant contraints de faire le maximum pour l’amener à une certaine conscience des enjeux de la vie. Nous le poussons, tirons, recadrons. Dix fois, vingt fois, cent fois parfois sur un même sujet. Nous dialoguons, le raisonnons, lui apprenons ce que ses yeux et son esprit ne parviennent pas à comprendre. Nous savons, au moment même où nous prononçons des raisonnements simples, qu’il nous faudra les répéter et répéter encore au gré d’un conflit amical mais ferme, où sa réflexion fera défaut. Avec un fol entêtement. Résolus à ne pas perdre les acquis lors des rechutes ou lorsque fatigués, nous baissons la garde.
Mais en regard à bien des parents d’enfants autistes ou malades, nous ne sommes pas à plaindre.

Peu de personnes, mises à part nos proches et ses sœurs à qui il a un peu volé leurs parents, ont conscience de ce tel contraste dans la personnalité de Lou et de l’énergie qu’il demande pour l’aider à grandir.

Mais les résultats sont là et la « kiffschool » (l’école à la maison) mise en place depuis septembre 2017 porte ses fruits. Lou progresse à son rythme, mais il progresse.
Il se peut qu’arrive un jour où des limites seront atteintes dans ses capacités.
Mais jamais ne doit arriver le jour où son ancrage dans la vie réelle en viendrait à tuer ses capacités artistiques et ses valeurs humaines.
Lou est un bien nécessaire à notre humanité en perte de valeurs et de sens.
Mais où se trouve cet équilibre fragile ?
De la question précédente.

Juste une dernière question dont je connais hélas la réponse et contre laquelle je me battrai jusqu’au bout :
Mais quelle place y a t’il en ce monde pour un artiste, un être comme lui, qui ne pourra jamais être totalement autonome, ni dans les normes ?


NDLA : cela fait longtemps que je voulais écrire cet article à l’attention de tous ceux qui ne connaissent que cet artiste qui mérite sa place, au delà de ses différences.

jeudi 8 février 2018

La première « Lettre à Lou » (flashback)

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Voyage dans le temps. Au hasard des liens qui se font. Ma première "Lettre à Lou" publiée en 2003.

Au départ, dans ce cas, un portrait de Lou B., réalisé par Serge Dehaes pour illustrer une carte blanche de mon cru que La Libre Belgique a décidé de publier en novembre 2017. 
Ensuite le fait que l’auteur nous ait aimablement envoyé une copie.
Le fait enfin de l’avoir encadré et jointe à la petite galerie de portraits dans notre cage d'escalier.

La suite devient naturelle : de nombreuses personnes font l’analogie entre le portrait de Lou et « Le Petit Prince ». Une évidente volonté de l’auteur. Une juste approche de Lou. Je l'avais moi-même faite au tout début de ma communication à son propos, tant était cette évidence de deux mondes qui essayent de se comprendre, d’un déni de la réalité et enfin d’une évidente ressemblance physique.
Certes, de nombreux parents font aussi cette analogie avec leur enfant porteur de handicap, mais je la trouve particulièrement justifiée vis à vis de Lou.

Voilà donc l'analogie avec la première« Lettre à Lou » que j’ai écrit en 2003 et qui ouvre le deuxième blog qui répond au premier (« Le journal de Lou ») ouvert à la même époque.
J'y faisais le même rapprochement, mais avec des mots.

Voici ce que j’y écrivais :

Mon petit prince,
Le jour où tu es arrivé, je n'étais pas perdu dans un désert.
Je n'étais pas seul non plus.

Il y avait tout d'abord mon Soleil, ma Reine.
Il y avait aussi deux merveilleuses Princesses, qui, à leur manière, étaient déjà des étoiles brillantes dans mon ciel.

J'étais donc loin d'être à mille lieues de toute région habitée.
Je n'essayais pas non plus de réparer un avion en panne, et je ne manquais, ni de nourriture, ni d'eau pour vivre.

J'étais néanmoins très occupé.
Préoccupé par la programmation de la fusée qui ferait de moi un astronaute, une star.
J'étais perdu dans mes notes, mes croquis, mes plans.

Je pensais connaître le ciel,
Je pensais connaître les gens,
Et voila que tu es venu tout bousculer.

Et pourtant...
Et pourtant, j'aurais du être préparé à toutes ces questions.
Je me les étais déjà posées maintes fois.
Les réponses étaient bien consignées dans l'armoire aux certitudes pour les uns, sur l'étagère de mon laboratoire pour les autres.
Mais avec toi, pas question de cela.
Si tu me demandes de dessiner un mouton, il doit être conforme à tes souhaits, à l'image que tu t'en fais, loin de tes peurs légitimes.
Et si tel n'est pas le cas, il faut te rassurer, le mettre dans une boîte pour qu'il ne dévore pas ton jardin sauvage.

J'ai déjà lu cela quelque part...

A la différence, de taille, que ton astéroïde est bien différent du sien.

Lorsque s'est formée ta planète, quelque chose en toi a décidé qu'elle serait peuplée de baobabs, et de mille autres plantes naturelles et sauvages.
Tant et si bien, que tu ne vois plus le jour et la nuit.
Au fin fond de ta forêt luxuriante, tu ne connais pas les nuances de la lumière. Tu ne connais tout simplement pas le soleil.
Tu ne vois pas, et ne verras jamais.

Mais tu entends la vie sauvage et plurielle des sous-bois, de l'appel au loin d'un grand mammifère, au battement d'aile du plus infime insecte.

Tu sens la richesse de l'humus.
Tu perçois la terre qui tremble sous tes pas, l'air qui vibre et se déplace.
Tu goûtes aux saveurs sans t'embarrasser de l'apparence.
C'est ta façon à toi d'appréhender la vie : par l'intérieur.
Ton intérieur.
Aux autres de venir chez toi pour te convaincre de quitter ton petit univers.

Telle est ta planète.
Et il me faut me mettre à ta place.
Repartir à zéro, en oubliant tout ce que ma vue m'a appris.
Ce n'est plus toi qui atterris sur ma planète, notre planète, mais moi et nous qui devons venir sur la tienne pour t'apprivoiser.
Mais pour cela, il faut abandonner tous les préjugés : ta forêt n'est pas une jungle.
Elle peut paraître sauvage, désordonnée, mais elle est la quintessence naturelle.

En entrant dans ton univers, je redécouvre mes sens.
Les clichés n'ont plus cours avec toi.
C'est du brut, du naturel, sans décoration ni aménagement.

C'est l'aventure.

Que dire, quatorze ans plus tard. 
Ce fut et cela reste une aventure de fou.
J’étais à mille lieues d’imaginer ce talent musical qui allait contribuer à le sortir de son astéroïde, même si aujourd’hui encore, les deux mondes cohabitent et que Lou allonge sans cesse sa présence dans le notre.

Bèrlebus (du sobriquet que tu m'as donné à cette époque) alias Luc Boland

mercredi 24 janvier 2018

Les « Migrants »

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Un glissement inquiétant s’est produit quand "je ne sais qui" a insidieusement imposé le mot de « migrants » pour qualifier les réfugiés. Je me souviens à l’époque que quelques intellectuels et journalistes s’en étaient émus, mais au final, le mot « migrant » a triomphé, par la force uniformatrice des médias. 
Dans tout ce qu’il a de bonne conscience, le mot "migrant" me donne la nausée en ce qu’il efface les raisons de ces migrations (les guerres, les situations encironnementales, politiques ou économiques). On n’en retient que l’acte : ces gens migrent chez nous. Quelle inquiétude légitime si ce sont des envahisseurs ! Quelle bonne conscience cela nous procure alors, de s'opposer à l'envahissement !
J’exècre aussi le mot "migrant" dans ce qu’il induit un séjour provisoire, tel les oiseaux migrateurs qui se déplacent et s’installent ici ou là selon les saisons, et qui donc devraient repartir : ce sont les lois de la nature ! 
Je vomis ce mot "migrant" qui fait le lit du fascisme et du racisme, de notre déshumanisation.
Ce mot, je le répudie et j’espère que d’autres le feront aussi.
Le regard devient tout autre quand on admet avoir face à nous des réfugiés.
Puisse cette réflexion être aussi une modeste contribution à cette cause.
Je voue, en effet, un respect et une admiration à toutes ces personnes engagées dans la plateforme citoyenne (voir la vidéo ).
D’une part, ma vie privée qui n’existe pour ainsi dire plus au vu mes engagements associatifs débordants dans le secteur du handicap, de même que l’accompagnement de Lou, d’autre part la taille de notre maison et l’absence de tout lit d’appoint pour accueillir un réfugié, font qu’il m’est impossible de se joindre à ce mouvement.
Quelles que soient les justes causes, c’est en agissant à notre niveau que nous, citoyens, changerons le cours des choses.
PS : si comme nous, il vous est impossible d’accueillir un réfugié, vous pouvez aider en faisant un don sur le compte : BE04 5230 8077 7231  / BIC/SWIFT : TRIOBEBB avec la mention « soutien aux réfugiés » (compte de « ASBL Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés »)
Autre possibilité : donner des vêtements ou du matériel.
Cfr le site : Plateforme Citoyenne 
(illustration : caricature du Syrien Hossam Al Saadi, réfugié politique, auteur de « Syrie – Belgique. Du silence au dessin », un livret poignant édité par Traverse )
Luc Boland (alias Bèrlebus)

jeudi 31 août 2017

En route vers de nouvelles aventures


Lundi 4 septembre 2017.
Une nouvelle vie va commencer pour Lou.
La mise en place d’un réel accompagnement qui lui a tant fait défaut durant sa scolarité. Une vingtaine de bénévoles et de professionnels vont se relayer et l’encadrer durant les heures ouvrables : de l’apprentissage à l’autonomies (par des services spécialisés auxquels nous n’avions pas accès durant sa scolarité) à des activités musicales (chant, voix, composition, jazz, musique classique), un peu de sport, d’apprentissages (français, anglais, math., éveil, ...), bref un programme clé sur porte au gré des propositions reçues suite à notre appel lancé en mai dernier.
Une sacrée organisation et gestion, bien aidée par le tonton de Lou (oui, celui qui a composé la mélodie de « Lou, je m’appelleLou ») sans qui nous ne nous en sortirions pas.

Une rentrée chargée et un automne de folie s’annonce, entre cette gestion, l’Extraordinary Film Festival, les formations de la PlateformeAnnonce Handicap , la Fondation Lou et… un passage télévisé sur une chaîne française prévu en octobre pour Lou. Mais de cela, motus et bouche cousue (obligation contractuel).

« Ah, ça ira, ça ira, ça ira… » disait la chanson.
« Yes we can » répondra l’autre.
« Il faut croire au bonheur, ne serait-ce que pour montrer l’exemple » me rappelle sans cesse Prévert,
« Oui, je sais que le bonheur, il est là » répondrais-je à Christophe Maé,
« Oui, ça ira ! » "affirme-je", grâce à toutes ces personnes merveilleuses qui nous soutiennent.

Que ce soit en tant que professionnels, bénévoles, membres ou administrateurs des 3 associations que je porte, un immense merci à : Vincent B., Gilles, Philippe M., Nadia, Roland, Damien, Claire C., Serge, Françoise L., Frédéric, Cédric, Claire C., Philippe H., Jean-Paul, Nicole G., Yves, Béatrice, Natacha, Véronique, Elisabeth, Nicole B., Françoise M., Marie-Claire, Laurence, Jean-François, Julien, Myriam, Albert, Karin, Michèle, Sabine, Lydie, Vincent L., Julie M., Eva N., Marc-Paul, Christine B., Christine C., Anne-Marie, Lisa, Claire-Alice, Camille, Delphine, Anne, Valérie, Charles, Alice, Monique, Isabelle, Clara, Maud, Joëlle, Aurore, Julie, Marie, Brigitte, Christiane, Françoise, Jif, Henry-Michel, Antoinette, Coline, Hélène, Cathy, Domenico, Sandrine, Michel, Barbara, Margaux, Fred, Christine, Jacques, Franck, Hélène, Michèle R., Cécile, Patrick, Claire P., Mathilde, Eva, Tanguy, Lou et tous les bénévoles du festival ainsi que les personnes que j’aurais malencontreusement oubliées.

jeudi 13 juillet 2017

Les aiguilles et la poutre en chêne

Tous les apprentissages de Lou (et surtout ceux relatifs à la conceptualisation) ont été acquis au début, au prix de centaines de répétitions avant qu’elles ne pénètrent son cerveau. C’est l’image d’aiguilles qu’il convient d’enfoncer à mains nues dans une poutre en chêne jusqu’à la tête, sans la casser en chemin et en cherchant sans cesse une partie tendre du bois qui se laisserait plus facilement pénétrer. Après dix-huit ans et des centaines de têtes d’aiguilles qui le sertissent, le bois s’est fait plus tendre, plus pénétrable. Nos doigts usés ont trouvé des techniques subtiles et une patience d'ébéniste. De la raison de la mise en place de cet accompagnement qui lui a tant fait défaut durant sa scolarité.

(extrait du Vademecum de Lou à l’attention des bénévoles et enseignants bénévoles qui le prendront en charges à partir de septembre).

dimanche 21 mai 2017

Le « Melon » ? (la magnifique aventure)


La standing ovation de la vidéo de Lou B., ci-dessous, fait suite à la reprise de "Les yeux de ma mère" d’Arno par Lou, juste avant qu’il ne fasse le medley avec Lou de Pryck (la seconde vidéo). Cela se produit souvent lors de ses prestations publiques. Le plus drôle, c'est que Lou ne le voit pas et donc n'en n'a pas conscience.

Hier, après l'émission du Télédon, nous l'avons félicité en lui expliquant qu'il avait eu droit à cette "standing ovation".
Sa réponse fut laconique : "Ouais...", sans grand enthousiasme.
"Mais tu sais ce que veut dire une "standing ovation", Lou ?".
"Non...".
Nous lui expliquons.
Re : "Ouais..." mou.
Il a fallu lui faire comprendre que c'était la plus grande marque de satisfaction et de gratitude d'un public pour qu'il réalise quelque peu, mais sans aucune forme de fierté déplacée.
Lou perçoit bien, néanmoins, le comportement du public lors ses prestations et il adore cela, au point d’interagir avec lui et de lui adresser des « Je vous kiffe » qui n’est autre que sa marque de gratitude vis-à-vis d’autrui.
C’est pour cette raison et bien sûr pour son talent hors normes que nous initions toutes ces rencontres musicales et concerts.

Mieux et étonnant, au lendemain de chaque prestation publique, on sent notre Lou grandir dans sa tête et renouer avec l’estime de soi, tellement détruite par certains professionnels de l’établissement scolaire où il se trouve.

Le "melon", Lou ?
Jamais, cela dépasse son entendement et c'est en cela que cette aventure est magnifique.


jeudi 4 mai 2017

Marine, Donald, Victor, on ne vous kiffe pas !


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Les personnes avec handicap mental ne sont pas des plantes (voir cet exemple d’autistes sévères non verbaux qui parviennent à exprimer leur pensée).
L’ambiance délétère du monde d’aujourd’hui peut les stresser, violemment.
Lou en fait partie. Il n'est pas indifférent à l'ambiance anxiogène actuelle.
Il a récemment composé une (très) chouette chanson, mix de pop, rap et slam sur le thème (tiens, tiens...) "Je vous kiffe" (soit l'amour).
A contrario, quand il se défoule sur sa loopstation, il s'amuse à faire des raps contenant des propos violents contre Marine le Pen et Donald Trump (les chiens ne font pas des chats).
Du coup, le père/parolier est passé par l'étape du développement de l'idée de Lou pour éviter que la chanson tourne en rond. Il s'est amusé à opposer la réalité de Lou et son amour inconditionnel pour l'être humain, au racisme et à Marine Le Pen.

En attendant la mise en ligne de l’intégralité de la chanson, voici donc l’extrait concernant Marine Le Pen.

Extrait :
Marine Le Pen, tu m’fais d’la peine
Tu prônes la peur sur ton trône de reine.
Ta haine me gène, à rien elle ne mène.
Tes rengaines gangrènent la scène urbaine.

Ce que tu sèmes, sans gêne est obscène.
Tes graines malsaines sont vaines.
Les peurs souillent notre vision de la vie.
Plutôt qu’ennemi, soyons ami, à l’envi.


A très vite pour la suite de la chanson.

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