Affichage des articles dont le libellé est Infos. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Infos. Afficher tous les articles

mardi 10 avril 2018

La belle histoire (« we are the world – belgian red devils)

(contexte)

Lou B. alias Lou Boland
Lou est un jeune homme de 19 ans porteur du syndrome de Morsier. Il est né aveugle, sans odorat et avec une légère déficience mentale. Il ne connait pas le rationnel et vit essentiellement dans l’affectif et le créatif. C’est un jeune homme joyeux et heureux.
Lou chante et joue du piano en autodidacte depuis l’âge de 6 ans. Il a des capacités et une mémoire musicales hors du commun et a l’oreille absolue. Il peut transposer instantanément n’importe quelle mélodie au piano, exhumer de sa mémoire une musique entendue une fois et la rejouer des années plus tard sans hésitation. Il connaît et reconnaît des milliers de chansons dès les premières notes.
Depuis l’âge de 8 ans, Lou joue en public et sur les plateaux de télévision (CAP48, Télédon, …), et a réalisé des rencontres musicales avec de nombreux artistes tels Toots Thielemans, Patrick Watson, Mauranne, Cali, Saule, Christophe Maé,…
Fin 2012, il interprète au chant et au piano la chanson « Lou, je m’appelle Lou » qui, depuis, fait tour du monde sur Youtube.
Il a remporté l’été dernier le concours Proximus et ravi à cette occasion plusieurs milliers de spectateurs aux Francofolies de Spa. En 2017, il a également atteint les demis-finales de « La France a Un IncroyableTalent ». En 2018, il est sélectionné pour le catalogue des « Jeunesses musicales » et enchaine pas moins de 12 concerts d’ici fin juin.
(La belle histoire)

Dimanche 1-4-2018, Je fais un poisson d’avril surFacebook en annonçant que Lou B. (jeune musicien hors normes) a été choisi pour faire l’hymne des diables rouges de la coupe du monde de foot. Très nombreux sont les gens qui tombent dans le panneau et se réjouissent.
Lundi 2 avril, la blague est désamorcée à la grande déception de nombreuses personnes. Lou apprend ce que j'ai fait et réagit tout de go : « Mais on va la faire, cette chanson ! ».
Mardi 3, jeme mets mets à l’écriture des paroles.
Mercredi 4, « home studio »: En 2 minutes (!), à l’écoute du texte, Lou propose le refrain, la rythmique et les arrangements. En 15 minutes et une seule « prise » par instrument (!!!), la batterie, le synthé et la trompette sont enregistrés. Pour le chant et surtout les couplets, l’enregistrement durera par contre une matinée... anglais oblige.
Jeudi 5, je me démène comme je peux pour faire un mixage acceptable avec les moyens du bord.
Vendredi 6 et Samedi 7, tournage basique des images pour la vidéo et montage du clip.
Dimanche 17h : mise en ligne sur Facebook et You Tube.
Lundi 17h : 24.000 vues et mille partages.
Mardi (à l'heure d'écrire ces lignes) : près de 35.000 vues et 1.500 partages. La sauce prend et la boule de neige grossit !



La suite de l’histoire ne nous appartient plus et quoi qu’il advienne, on se sera bien amusé pendant une semaine !
Mais il est permis aussi de rêver : la chanson fait un buzz sur les réseaux sociaux, I-Tunes, Deezer etc. (elle y sera disponible dès le 10-4), la presse s’empare de cette belle histoire, la Fédération retient la chanson, on réenregistre le titre en studio avec des chœurs et des moyens techniques de qualité, on fait un clip avec les diables rouges et enfin, les stades résonnent du refrain repris en cœur : « nos différences » en sortent gagnantes…
Si vous souhaitez nous soutenir dans cette folle aventure en partageant au maximum cette vidéo, si vous avez des contacts à droite à gauche…
Merci ! ;-)
We are the world - Belgian red devils - Lou B.

jeudi 31 août 2017

En route vers de nouvelles aventures


Lundi 4 septembre 2017.
Une nouvelle vie va commencer pour Lou.
La mise en place d’un réel accompagnement qui lui a tant fait défaut durant sa scolarité. Une vingtaine de bénévoles et de professionnels vont se relayer et l’encadrer durant les heures ouvrables : de l’apprentissage à l’autonomies (par des services spécialisés auxquels nous n’avions pas accès durant sa scolarité) à des activités musicales (chant, voix, composition, jazz, musique classique), un peu de sport, d’apprentissages (français, anglais, math., éveil, ...), bref un programme clé sur porte au gré des propositions reçues suite à notre appel lancé en mai dernier.
Une sacrée organisation et gestion, bien aidée par le tonton de Lou (oui, celui qui a composé la mélodie de « Lou, je m’appelleLou ») sans qui nous ne nous en sortirions pas.

Une rentrée chargée et un automne de folie s’annonce, entre cette gestion, l’Extraordinary Film Festival, les formations de la PlateformeAnnonce Handicap , la Fondation Lou et… un passage télévisé sur une chaîne française prévu en octobre pour Lou. Mais de cela, motus et bouche cousue (obligation contractuel).

« Ah, ça ira, ça ira, ça ira… » disait la chanson.
« Yes we can » répondra l’autre.
« Il faut croire au bonheur, ne serait-ce que pour montrer l’exemple » me rappelle sans cesse Prévert,
« Oui, je sais que le bonheur, il est là » répondrais-je à Christophe Maé,
« Oui, ça ira ! » "affirme-je", grâce à toutes ces personnes merveilleuses qui nous soutiennent.

Que ce soit en tant que professionnels, bénévoles, membres ou administrateurs des 3 associations que je porte, un immense merci à : Vincent B., Gilles, Philippe M., Nadia, Roland, Damien, Claire C., Serge, Françoise L., Frédéric, Cédric, Claire C., Philippe H., Jean-Paul, Nicole G., Yves, Béatrice, Natacha, Véronique, Elisabeth, Nicole B., Françoise M., Marie-Claire, Laurence, Jean-François, Julien, Myriam, Albert, Karin, Michèle, Sabine, Lydie, Vincent L., Julie M., Eva N., Marc-Paul, Christine B., Christine C., Anne-Marie, Lisa, Claire-Alice, Camille, Delphine, Anne, Valérie, Charles, Alice, Monique, Isabelle, Clara, Maud, Joëlle, Aurore, Julie, Marie, Brigitte, Christiane, Françoise, Jif, Henry-Michel, Antoinette, Coline, Hélène, Cathy, Domenico, Sandrine, Michel, Barbara, Margaux, Fred, Christine, Jacques, Franck, Hélène, Michèle R., Cécile, Patrick, Claire P., Mathilde, Eva, Tanguy, Lou et tous les bénévoles du festival ainsi que les personnes que j’aurais malencontreusement oubliées.

jeudi 4 mai 2017

L'AVENIR de Lou B. (Lou Boland)

Lou 18 ans – presque 19-. Il termine un cursus scolaire (chaotique, insuffisant et décevant). Il se retrouvera donc à la maison dès septembre sans aucune qualification.

Le manque de places en centres de jour nous met devant une échéance de 4 à 8 ans d’attente avant qu’il puisse intégrer un tel centre qui de toute façon, serait un option par défaut, tant nous restons persuadé que Lou pourrait encore progresser et, à sa mesure, intégrer une vie au sein de la société grâce, entre autre, à ses talents musicaux.

Face à cette situation, nous n’avons plus d’autre choix que d’agir et de ne plus taire nos besoins, les aides et soutiens indispensables pour construire un avenir pour Lou, avec ceux qui voudront et pourront nous aider.

Nous avons parfaitement conscience de la déficience – ou plutôt différence – mentale de Lou. Nous savons pertinemment bien que Lou ne sera jamais totalement autonome et qu’il aura besoin de nombreuses aides à sa vie adulte. Mais au vu des multiples combats gagnés, années après années, mois après mois, jours après jours, nous mesurons l’énorme potentiel de progrès qu’il serait capable d’encore acquérir.

C’est pourquoi nous faisons appel à toutes les bonnes volontés pour nous aider dans ce combat pour son avenir.

Nous souhaitons, à court et moyen terme, mettre en place un planning d’activités, organisant l’emploi du temps de Lou (apprentissages, carrière musicale et loisirs) dans les « heures ouvrables », afin que Claire et moi puissions continuer à exercer nos professions.

Pour ce faire, nous allons faire appel d’une part, à des aides professionnelles (Ligue Braille, l’ONA ou la Fondation I See) pour tout ce qui tient aux apprentissages à l’autonomie et d’autre part à des personnes bénévoles pour différentes fonctions / occupations : apprentissages, éveil, loisir (décrites ci-dessous).

Si vous disposez d’un peu de temps en semaine (2 à 3 heures) et de manière la plus récurrente possible (ou si vous connaissez des personnes susceptibles d’être intéressées) voici les différents profils recherchés :

Postes occasionnels : (disponibilité tel ou tel jour)

- Des « chauffeurs » (transports de Lou vers ses différentes activités selon le futur planning et nos propres disponibilités)
- Des « accompagnateurs » (pour accompagner Lou dans telle ou telle activité (carrière musicale p. ex.))

Postes d’enseignement / d’éveil : (1 à 2 h/sem. / éventuellement 1 semaine sur 2)

- Prof de mat : calcul, gestion de l’argent, gestion du temps
- Prof de français (orthographe, vocabulaire)
- « étude du milieu » (sensibilisation au monde)
- Langue (anglais) (Lou se débrouille déjà pas mal)
- Sport (jogging, piscine, …)
- Poste « détente » accompagnement (loisirs : toutes suggestions bienvenues)
- …Toute idée est la bienvenue selon vos compétences…

Accompagnements professionnels (via Ligue braille, ONA, Fondation I see et autres…) (qq. H. sem.) :

- autonomie (maison)
- autonomie déplacement (canne)
- Informatique / tablette / Smartphone
- Braille
- Autonomie (repas)
- psychomotricité fine

Développement musical de Lou

- prof de chant
- Cours de piano
- activités musicales « loisirs » (Créahm)
- Projet musical professionnel (nous aider dans les contacts, démarches etc.)

Vous vous reconnaissez dans l’un de ces postes ? Vous avez la possibilité de nous aider ? Vous avez l’envie de passer des moments enrichissants au contact de Lou de manière récurrente?

Nous vous proposons une réunion d’information et de prise de contact le lundi 29 mai 2017 de 18h30 à 20h30 dans les bureaux de la Fondation Lou, 212, chée de la Hulpe à 1170 Bruxelles.

Si vous souhaitez vous engager dans le projet mais n’êtes pas disponibles à cette date, merci de nous le faire savoir (nous vous tiendrons informé de l’évolution du projet).

Dans les deux cas, merci de nous contacter afin de vous faire parvenir un formulaire.

Rappel : Si vous connaissez des personnes susceptibles d’être intéressées, merci de les contacter et/ou de leur transmettre ce mail.

Enfin, la Fondation Lou recherche l’une ou l’autre personne susceptible d’aider la Fondation Lou dans des tâches administratives ou de gestion (2 à 4 h/semaine). Si intéressé, merci de contacter Luc directement (et on en reparlera lors de la réunion du 29 mai).

En vous remerciant de nous avoir lu.
Bien à tous.
Luc & Claire Boland – Bailly
Vincent Boland (co-coordinateur)

Fondation LOU
Fondation privée

Fondation Lou - Rue des trois tilleuls, 57 - 1170 Bruxelles - 0476/66.76.13. - fondationlou AROBASE skynet.be
Bureau : 212, chée de La Hulpe – 1170 Bruxelles - +32/2/673.27.89

mercredi 13 avril 2016

Un autre monde (PhiLousophie)

Cela fait bien 7 ans que j’ambitionne de mettre en mots la petite musique qui ne me quitte plus jamais et qui hante mon âme. Nourrie de si nombreuses expériences de vie, elle est devenue une partition, au travers de l’expérience hors normes sous bien des aspects avec Lou.
Combien de notes, de réflexions, d’introductions ai-je commencé au gré du temps. A chaque fois l’abandon, face à un sentiment d’imposture, de peur du « qu’en dira-t-on », de la critique de ceux qui se revendiquent à raison ou à tord être des intellectuels.
Mais cette fois, j’ai enfin trouvé l’angle d’attaque que je cherchais.
En voici l’introduction. Ainsi ne pourrai-je plus m’échapper. Reste à trouver du temps.


Un autre monde
PhiLousophie
D’un monde à l’autre. Tel eût pu être le titre. Mais l’un et l’autre ne forment qu’un.
Un autre monde, tel celui dans lequel la vie nous a plongé : l’expérience singulière de devoir « élever » un enfant hors du commun.
Un autre monde, tel celui vers lequel l’humanité devra se tourner, au risque sinon de sombrer dans le chaos des plus sombres pages de son histoire.
Un autre monde : parce que changer la complexité inextricable de celui dans lequel nous vivons, passera par la construction d’un autre modèle parallèle qui, petit à petit, éteindra les anciens paradigmes.
D’un monde à l’autre, tel est le postulat de cet ouvrage : vous emmener aux racines même de l’humain au travers de notre vécu avec Lou et les multiples enseignements qui s’y sont révélés, jusqu’à les confronter au monde et la crise sociétale qu’elle traverse en ce début de 21ème siècle.
Pour ambitieux qu’ils soient, ces propos me semblent d’une logique implacable pour autant que vous, chère lectrice, cher lecteur, acceptiez, tout comme nous avons du le faire face à notre enfant, de mettre de côté vos acquis et certitudes, vos savoirs et connaissances, afin de remonter aux racines de notre condition humaine qui seules, devraient guider la marche du monde.
Du pourquoi ?

Est-ce la présence de Lou qui nous a obligé, mon épouse et moi, à reconsidérer les moindres évidences, qu’elles soient d’ordre social, philosophique ou pragmatique – l’ordre des choses ou simplement la logique des lois universelles - ?
Est-ce cette commotion cérébrale sévère, survenue à mes neuf ans, et qui fait que depuis lors, il m’est impossible d’enregistrer tout raisonnement théorique – qu’il soit mathématique ou philosophique – à défaut de l’expérimenter par moi-même, seule condition à leur intégration, et qui m’a amené tout au long de ma vie à expérimenter tout et son contraire, pour tenter tout simplement de construire mes propres raisonnements et représentations ?
Est-ce ce serment de mes cinq ans, d’éradiquer tous les nez et tous les yeux rouges de la planète, lorsque placé dans des familles d’accueil, suite à l’internement de ma maman, je tentais de comprendre ses souffrances psychiques ? Ou sont-ce ces insupportables images de souffrance qui faisaient la une de Paris-Match dans le kiosque à journaux de mon enfance ?
Est-ce ce sentiment que la petite voix intérieure qui ne s’est jamais éteinte en moi, recèle quelque chose d’universel en chaque être humain et que cette voix n’a plus droit de citer dans le grand concert intellectuel, où il convient de prendre ses distances face à l’émotionnel ?
Est-ce enfin le déclin des religions en occident qui nous plonge dans un monde sans plus de repères moraux ?
Poser ces questions est y répondre et mes motivations sont claires. Mais il est certain que l’incident déclencheur, celui qui m’amène à coucher ici ces mots, porte un nom : Lou.


Un autre monde : Lou
(Première partie)

Lou est né en 1998. Il est porteur d’un syndrome dit « orphelin » de par sa rareté (le Syndrome de Morsier, appelé aussi la Dysplasie Septo-Optique) qui touche, dans les cas sévères comme lui, un enfant sur dix millions. Il s’agit d’une malformation congénitale du cerveau dont on ne connaît toujours pas à ce jour les causes.
Lou est né avec les nerfs optiques atrophiés – il est donc aveugle -. Il n’a pas non plus d’odorat et par conséquent un goût altéré. Sa communication au monde se résume donc essentiellement à l’ouïe et au toucher.
La restriction de ses sens ne lui permet pas de se construire par l’observation et le mymétisme comme le fait n’importe quel enfant en bonne santé. C’est par ailleurs la première source d’apprentissage du nourrisson : l’observation et l’éveil de ses sens. Cette absence de stimuli et cette perte de « sens » ont pour conséquence que nombre d’aveugles de naissance développent une forme d’autisme que l’on appelle le blindisme, un renfermement sur soi généré par l’incompréhension du monde dans lequel ils évoluent. Lou n’y échappe pas, mais fort heureusement, le blindisme peut être totalement réversible.
A ces déficiences sensorielles se rajoute un dysfonctionnement de l’hypophyse, grand ordonateur et régulateur de tout le système hormonal. Il a par conséquence un dérèglement de la thiroïde et de multiples insufisances hormonales : la vasopressine (hormone anti-diurétique) , les hormones de croissance et du sommeil (mélatonine), la cortisone et probablement d’autres hormones non objectivables telle que l’ocytocine –mais j’y reviendrai-.
Enfin, Lou n’a pas de septum pellucidum qui est la cloison qui sépare les deux hémisphères du cerveau. Nul ne peut définir aujourd’hui la fonction de cette cloison.
A ce jour, aucune recherche médicale ou scientifique ne permet de cerner les incidences des ces insuffisances structurelles du cerveau sur les facultés mentales d’un être humain. Le pronostic énnoncé lors du diagnostic ne se base que sur l’observation des prédécesseurs, devenus adultes. On y constate une grande variabilité, faite de handicaps mentaux sévères à quasi inexistants.
Pendant ce temps là et auprès des professionnels du terrain, une confusion permanente existe entre les comportements liés à la cécité (le blindisme) et ceux consécutifs aux défauts structurels du cerveau. Nous avons sondés de nombreux professionnels, des neurologues, psychologues en passant par les pédo-psychiâtres. Pas un n’a réussi à cerner les comportements de Lou et à en dresser un portrait psycho-médical intégrant tous les paramètres. Nous avons même dû corriger un psychiâtre de renom qui confondait précisément un comportement de Lou lié au blindisme à de l’autisme.
Par ailleurs, le monde médical et la recherche en sont encore aux balbutiements quant à la fonction de cette membrane dont Lou est exempt, et quant à la complexité et la subtilité du système hormonal qui, outre la fonction de réguler de nombreuses fonctions vitales, régule aussi nos humeurs et nos émotions. Aux Etats-Unis, les parents d’un enfant porteur de ce syndrome doivent signer un document, reconnaissant l’autisme de leur enfant, pour être admis dans une prise en charge éducative spécialisée, centrée sur… l’autisme. Certes, il ya de nombreux points communs entre l’autisme et le schéma mental de certains enfants porteurs du syndrome de Morsier, de même, je n’ai aucun à piori de reconnaître mon fils comme étant porteur d’autisme, mais c’est dire si cette prise en charge n’est pas réellement adaptée à la spécificité de ce syndrome inconnu et qu’aucune pédagogie appropriée n’a encore été investiguée, à l’exception d’une recherche sur l’attrait à la « musicalité » des enfants porteurs de ce syndrome.
En ce qui concerne Lou, il est clair qu’à force d’observations, nous en sommes arrivés à dresser un portrait psychologique de son dysfonctionnement intellectuel. Lou vit essentiellement dans la sphère émotionnelle, récréative, affective et créative. A contrario, il est – était devrais-je dire - exempt de rationnalité. Les « Qui suis-je ?», « Où vais-je ?», « Que fais-je ?» dépassaient son entendement. Du haut de ses dix huit ans aujourd’hui, bien que les questionnements existentiels doivent toujours être stimulés, il parvient de mieux en mieux à gérer ses émotions et à accomplir certains raisonnements. Ces progrès se sont réalisés au prix d’un « training » quotidien dans notre relation intellectuelle et physique avec lui. Mais je reviendrai plus loin sur cette relation singulière.

Revenons à la case départ.
Imaginez devoir élever un enfant porteur de telles caractéristiques !
Imaginez un petit enfant, dans l’incapacité de se concentrer plus d’une poignée de secondes, de gérer ses émotions, et ultrasensible à celles des autres qu’il fait siennes, au point de se gorger comme une éponge du moindre stress qu’il peut ressentir à des mètres à la ronde. Un enfant totalement égocentré – à ne pas confondre avec le caractère égocentrique qui est un acte volontaire -, pour qui le monde et « l’autre » sont des outils, des jouets, des relations qui se doivent de répondre à ses demandes et besoins. Un enfant « sauvage » qui se reclut dans la reconduction des expériences positives passées et qui s’oppose à toute nouveauté, de quelqu’ordre que ce soit : ludique, éducatif, occupationnel ou culinaire. Un enfant terrorisé par la moindre expérience négative ou douloureuse qu’il perçoit comme autant d’agressions injustifiées et qu’il exprime en retour par une autre agressivité. Un enfant qui s’enferme dans l’écholalie, dans des gestes et mouvements répétitifs. Un enfant qui ne connaît pas non plus de freins à ses émotions.
Ainsi, pouvait-il rire d’une blague deux heures après celle-ci, avec toujours le même plaisir d’une fraîcheur sans cesse réinventée. Ainsi pouvait-il aussi être inconsolable des heures après avoir pris peur. Il nous fallait une infinie patience pour arriver à le raisonner, construisant, carte après carte un fragile château, fait de petites logiques sensées l’ancrer dans le présent. Les « C’est fini », les « C’est un incident qui ne se produira plus » et autres arguments pragmatiques faisaient peu à peu leur effet à grands renforts de câlins et de voix rassurantes. Mais il arrivait qu’à peine hissé au sommet de l’édifice sensé le rassurer, sans raison apparente, il ressombrait dans un chagrin profond comme si nos propos n’avaient jamais existé. Je me rappelle à ce propos un extrait du documentaire « Lettre à Lou » que j’ai réalisé où j’aborde les situations inconsolables de Lou. C’était lors d’un goûter où Lou, cinq ans, écoutait comme à son habitude une cassette audio pour s’occuper tout en mangeant. La conjonction du « clac » de l’interrupteur qui s’est déclenché lorsque la bande est arrivé à la fin de la lecture, couplé à la main que j’ai posé sur son épaule pour le saluer, l’a fait sursauté et mis dans une peur insoluble. Deux heures durant, sa maman et moi-même l’avons consolé dans nos bras, rassuré tant et plus. Deux heures pendant lesquelles il refaisait surface en psalmodiant nos propos pour se convaincre lui-même, avant de s’effondrer à nouveau dans le chagrin. C’est au bout de ces deux longues heures que je me suis décidé à aller chercher ma caméra pour témoigner de cette situation. A revoir ces images et malgré mes explications, c’est comme si l’événement s’était produit cinq minutes auparavant.

Tel était Lou dans sa petite enfance, dans une absence asourdissante de toute forme de soutien de la part de professionnels pour qui ce syndrome reste un mystère.

(à suivre...)

samedi 27 septembre 2014

Au bénéfice de Lou

C’est l’histoire d’une maison de campagne reçue en héritage d’une grande tante de la maman de Lou.

Ce fut un grand questionnement à l’époque : garder le lieu (car Lou adore s'y rendre
Les plaisirs de Lou (à l'époque) à la campagne
) ou le vendre, car les charges étaient  prohibitives et au-dessus de nos moyens.

C’est l’histoire d’un pari et de la décision d’une grosse rénovation en 2011, afin de le transformer en gîte pour en couvrir les frais.

C’est l’histoire d’un prêt privé pour payer la rénovation, avec pour condition que 5 années de remboursement du prêt soient versés à la Fondation Lou pour l’avenir de Lou.

C’est l’histoire d’une belle « success story » (le gîte rencontre un beau succès depuis, étant donné sa qualité et sa grande capacité).

C’est ainsi que pour les cinq années à venir (2014 - 2019), une partie du remboursement du prêt (soit 45.000 €) seront versés à la Fondation Lou, un montant qui sera bien nécessaire pour développer la première réalisation au bénéfice de Lou et d’autres jeunes porteurs de handicap : un centre de jour axé sur la musique.

Lou a seize ans. Il nous reste précisément 5 ans pour monter ce projet.
Gîte un coin de paradis
 Le gîte, un coin de paradis : http://paradis.l-et-v.com/

lundi 19 mai 2014

Le prix handi-Awards 2014 de la culture à Lou

Lou a reçu l'Handi Awards de la culture et (surprise) son papa a aussi reçu un prix pour son engagement citoyen.
Lou durant son discours : "comme dit souvent mon père : on a trop tendance à regarder les défauts, plutôt que les qualités"
, et cela devant le premier Ministre Di Rupo, Reynders, Milquet, Onckelinkx, Doulkeridis, Laanan, Frémault, Mayeur, Moureaux et de très nombreux autres mandataires (Rien que cela, serait-on en campagne ? 


Vidéo :
et photos :

vendredi 17 janvier 2014

La chanson de Lou sur iTunes

La chanson "Lou je m'appelle Lou" est enfin disponible sur iTunes et les autres plateformes de ventes.
Merci de nous soutenir en partageant l'information et en l'achetant (0,99 €) (les premiers jours seront cruciaux pour la faire exister dans le grand bruit médiatique !). merci !
(vendu au bénéfice de la Fondation Lou)

mardi 20 novembre 2012

Pourquoi la Jam de Lou ?

Lou offrira son premier concert le samedi 12 janvier 2013.
Il m’a semblé intéressant de vous partager les 3 raisons qui justifient “La Jam de Lou”.

vendredi 11 novembre 2011

Père et fils (Anecdote : la musique des bandes annonces du Festival EOP !)

 Au delà du fait que le "festival eop" est Un projet que je porte depuis 2 ans, il y a une petite anecdote amusante à ce propos et qui a toute sa place ici.

C'est moi et Lou qui avons composé la musique (économies obliges, voilà que j'exploite mon fils).
Vingt minutes montre en main :
- Tu sais, Lou, tu me fais un truc dans le genre "Amélie Poulain".

dimanche 14 novembre 2010

Bèrlebus a disparu !

Il y a Luc Boland, il y a le Papa de Lou et il y a Bèrlebus.
Même si au final, c’est pour ainsi dire la même personne.

Pourtant, Bèrlebus a disparu.
C’est probablement ce que doit se dire Lou depuis la rentrée.
C’est ce que doivent se dire les lecteurs qui ne voient venir aucun nouvel article. ;-)
Et pour cause.
Luc Boland et le Papa de Lou prennent toute la place. Enfin, le rôle de l’un et l’engagement associatif de l’autre.

jeudi 6 mai 2010

EOP! Film Festival (bande annonce)

Ce festival est organisé par la Fondation Lou dans le cadre du congrès international EACD à Bruxelles le 27/5/2010 : 10 courts métrages du monde entier qui parlent de la réalité de l'enfance et de différents handicaps.

jeudi 8 avril 2010

De beaux souvenirs

Dans le cadre du 4ème Handifilm festival à Rabat au Maroc, j'y ai vécu de grands moments, à l'image de ce fou rire, lors de ma rencontre avec Omar Koussih, un grand Bonhomme !
Merci Sanâa, Alessandra, et tous les autres.
Côté comique encore, j'ai eu droit au J.T. de la télévision marocaine.
Je ressemble donc tellement à Benoit Poelvoorde ?
Nino Ferrer, je veux bien... ;-)

vendredi 26 février 2010

Cette fois c'est Lou

Cette fois, c'est bien Lou. Il y a six ans de cela.
Nous avons accepté avec plaisir qu'il soit l'emblème de la journée mondiale des maladies rares ("Rare Disease Day") sur les affiches qui fleuriront dans 36 pays.
;-)

vendredi 2 octobre 2009

Qui suis-je ?

Je ne cherche pas à cacher ici mon identité.
Il se fait simplement qu'aujourd'hui, je sais celui que je suis devenu : Bèrlebus.
Je n'ai d'autre diplôme à revendiquer que ceux de PhiLousophe et de papa. Une certaine expérience de vie, riche et singulière aussi.
Parce qu’après six années de récit de sa vie ou de la nôtre, j'ai envie de transmettre autrement tout ce que le petit musicien de la lune ou ses soeurs ont réveillé en moi.

En ces pages, j'observerai mon petit phénomène et ses progrès.
J'observerai le monde et vous partagerai le mien.
Et j'espère vous en faire goûter toutes les saveurs.

Bienvenue dans le journal de Bèrlebus.














" Je n'ai plus honte de dire ce que je n'ai pas honte de penser. "
(Ce n'est pas de moi. Je l'ai entendu prononcé par Gérard Lanvin)